Le prochain Prix de Thèse sera attribué en 2020.

Le Prix 2018 a été décerné à Mademoiselle Pascale RICARD, Docteur en droit de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne pour sa Thèse intitulée : « La conservation de la biodiversité dans les zones maritimes internationales ».

Le prix lui a été officiellement remis le 9 novembre 2018 à Monaco en présence de S.E. M. Jacques Boisson, Secrétaire d’Etat, représentant S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, de S.E. M. Gilles Tonelli, Conseiller-Ministre des Relations extérieures et de la Coopération et de M. Fabrice Notari, Conseiller National, représentant le Président du Conseil National.

 

Mme Annick de Marffy-Mantuano

 

Discours de Madame Annick de Marffy-Mantuano lors de la remise du Prix de Thèse 2018 :

 

Monsieur le Secrétaire d’État, représentant Son Altesse Sérénissime le Prince Souverain,

Monsieur le Conseiller de Gouvernement-Ministre,

Monsieur le représentant du Président du Conseil National,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

 Avant de m’adresser à notre lauréate du prix de thèse 2018, je voudrais remercier tous ceux ici présents qui nous ont fait l’honneur et l’amitié de répondre à l’invitation de l’INDEMER. Votre présence est un gage du soutien que vous apportez à notre Institut. Je remercie également mes collègues du Conseil scientifique ainsi que les auteurs des chroniques, venus réfléchir et offrir leurs observations et suggestions en vue d’améliorer nos travaux pour mieux répondre aux attentes de nos lecteurs.

Je suis très heureuse de féliciter Madame Pascale Ricard à qui le jury a décerné le prix de thèse pour l’année 2018.

La thèse de Doctorat de droit public pour laquelle elle a obtenu le titre de Docteur en droit porte sur : LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ DANS LES ZONES MARINES INTERNATIONALES

Soutenue publiquement à Paris le 9 décembre 2017 à l’Université Panthéon Sorbonne, elle fut dirigée par Madame Evelyne Lagrange, Professeure à cette même Université. Le jury était composé en plus du Directeur de recherches des Professeurs Geneviève BASTID-BURDEAU, Yann KERBRAT, Anne-Thida NORODOM, Jean-Paul PANCRACIO et de la Directrice au CNRS, CERIC, Madame Sandrine MALJEAN-DUBOIS.

Ce prix consiste à la publication de la thèse aux éditions PEDONE dans le cadre de la collection des ouvrages de l’INDEMER. Je remercie M. Marc PEDONE, Directeur de la maison d’éditions d’être parmi nous ce soir.

Nous allons tout mettre en œuvre pour que cette thèse puisse être publiée en Avril 2019 avant la reprise des travaux de la Conférence internationale chargée de négocier un instrument juridiquement contraignant sur la conservation et l’exploitation des zones situées au-delà de la juridiction nationale. Vos recherches, Madame, vos analyses et suggestions pourraient contribuer à éclairer les négociations de cette réunion internationale.

Madame,

En effet, le sujet de votre thèse est d’une grande actualité s’inscrivant dans les préoccupations de la communauté internationale qui entend déployer tous ses efforts au sein de la Conférence sur la biodiversité, communément appelée Conférence BBNJ, une des plus importantes convoquées après la troisième Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer et celle qui a abouti à l’Accord sur les stocks chevauchants et les grands migrateurs. Cette conférence s’est engagée à trouver les outils les mieux adaptés pour protéger le milieu marin et conserver ses ressources et sa biodiversité dans les zones marines internationales en s’appuyant sur le droit existant, en particulier la CNUDM.

Votre tâche était particulièrement complexe tant il fallait tout d’abord partir d’une évaluation approfondie du droit existant avant d’analyser les discussions qui se sont déroulées pendant plus d’une décennie dans le cadre d’abord d’un groupe de travail puis par la suite au sein d’un comité préparatoire. Vous avez su vous imprégner de tous ces travaux pour procéder à des analyses systématiques des divers points qui seront l’objet des négociations au sein de la Conférence qui s’est ouverte en septembre 2018.

Vous avez également su, Madame, dans cette belle thèse tout en démontrant vos talents de juriste :

Inscrire votre recherche dans une perspective d’un droit de la mer moderne, soucieux de se placer dans l’optique du développement durable pour répondre aux besoins du monde d’aujourd’hui en dirigeant vos analyses dans le cadre d’une approche intégrée et holistique, adaptée aux réalités nouvelles géopolitiques, économiques voire démographiques qui, tout en demandant la protection du milieu marin, doivent assurer la sécurité alimentaire de milliards d’habitants de notre planète terre;

Présenter le sujet de votre recherche en l’articulant autour d’un plan parfaitement adapté à votre démonstration qui s’est détachée de l’approche spatiale classique pour préférer une approche holistique. C’était un défi ambitieux et vous l’avez réussi.

Clairement exprimer vos pensées dans un style clair et limpide permettant d’offrir des éclairages novateurs sur ces questions particulièrement complexes.

C’est donc pour moi une grande joie de récompenser une jeune juriste prête à promouvoir, éclairer et développer le droit international de la mer souvent chahuté voire ignoré où cependant des avancées prometteuses se développent qui voient en particulier le droit international de la mer et le droit de l’environnement marin non plus s’affronter mais se renforcer l’un l’autre. Votre travail en est un témoignage. Vous avez par ailleurs déjà fait apparaitre cette approche dans la préparation de la chronique consacrée à l’environnement marin et la biodiversité marine que vous préparez pour l’Annuaire du droit de la mer.

Il est plus que jamais nécessaire de continuer à promouvoir la règle de droit qui reste le fondement des sociétés organisées et civilisées dans un contexte géopolitique en plein tumulte où les mutations qui nous affectent sont génératrices de craintes et d’angoisses. Cela s’applique également aux mers et aux océans, poumons de la planète. Le droit de la mer souvent mal connu et mal appréhendé dans toute son étendue et sa complexité offre pourtant le meilleur bouclier pour assurer et renforcer l’ordre et la sécurité sur les espaces océaniques. Ce droit tente de faire barrage aux affrontements de souverainetés qui nourrissent les tensions internationales et empêchent de favoriser l’avènement d’une économie bleue, respectueuse de l’environnement marin, capable de profiter à tous les États, en particulier à leurs populations côtières dont la survie dépend des océans.

Mais cette période est également porteuse d’espoir car il nous faut construire de nouveaux modèles en s’écartant des sentiers battus et des paramètres du passé. Nous devons, en nous appuyant sur les acquis, moderniser les règles pour les adapter aux réalités nouvelles.

Madame, vous avez démontré dans votre recherche que vous avez su assimiler les nouveaux défis et les incorporer dans des solutions constructives. Tous nos vœux vous accompagnent pour un avenir que nous vous souhaitons exaltant et constructif.

Je vous remercie de votre attention.

De gauche à droite : S.E. M. Jacques Boisson, Mlle Pascale Ricard, Mme Annick de Marffy-Mantuano
De gauche à droite : M. Fabrice Notari, S.E. M. Gilles Tonelli, Mme Annick de Marffy-Mantuano, Mlle Pascale Ricard, S.E. M. Jacques Boisson, M. Jean-Charles Sacotte

 

  1. Le prix est attribué tous les deux ans.
  2. Il est destiné à récompenser une thèse de doctorat récente, écrite en langue française et portant sur un sujet se rapportant au droit de la mer.
  3. La thèse proposée doit être patronnée par le Directeur de la recherche. Elle doit être le premier ouvrage marquant de son auteur et ne doit pas avoir été imprimée.
  4. Les ouvrages déjà couronnés par un prix de même nature ne sont pas recevables.
  5. Le prix consiste en la publication de la thèse aux Editions PEDONE ; Cette publication est faite aux conditions habituelles des ouvrages de l’INDEMER.
  6. Le prix est attribué par un jury composé de trois membres qualifiés dont la Présidente du Conseil Scientifique de l’INDEMER.
  7. Les candidatures accompagnées d’un curriculum vitae, d’une copie du diplôme de doctorat et de deux exemplaires dactylographiés de la thèse doivent être adressées au plus tard, avant le 30 septembre de chaque année à l’adresse suivante : Secrétariat de l’Institut du Droit Economique de la Mer (INDEMER) – 1 avenue des Castelans – 98000 MONACO (Principauté de Monaco).
  8. Le lauréat est personnellement avisé de la distinction dont il est l’objet.
  9. La publicité relative à ce prix est assurée, notamment, par voie d’information sur le site web : www.indemer.org.La candidature porte ipso facto acceptation des termes de ce règlement.

 

Prix 2018
Ricard, Pascale : La conservation de la biodiversité dans les zones maritimes internationales

Prix 2016
Daher Djama, Abbas : Le XXIè siècle à l’assaut du droit de la piraterie, le cas de la Somalie

Prix 2013
Schneider, Frédéric : Les énergies marines renouvelables, approche juridique en droit international, européen et comparé

Prix 2011
Tassin, Virginie : L’extension du plateau continental : consécration d’un nouveau rapport de l’État à son territoire

Prix 2007
Scalièris, Erietta : l’exercice du pouvoir discrétionnaire de l’État côtier en Droit de la mer.

Prix 2002
Lestang, Véronique : droit de la mer, droit de l’espace : vers un droit unitaire des espaces internationaux ?

Prix 2000
Nguyen, Hong Tao, Le Vietnam face aux problèmes de l’extension maritime dans la mer de Chine méridionale.

Prix 1998
Le Hardy, Magali, Que reste-t-il de la liberté de pêche en haute mer ? De l’exploitation individuelle à la gestion collective : essai sur le régime juridique de l’exploitation des ressources biologiques de la haute mer.

Prix 1996
Noiville, Christine, Ressources génétiques et droit : essai sur les régimes juridiques des ressources génétiques marines

Prix 1994
Wu, Chao, La pollution du fait du transport maritime des hydrocarbures : responsabilité et indemnisation des dommages.

Les thèses récompensées sont publiées aux éditions Pédone.